Chaque automne, les fenêtres se ferment et restent probablement fermées jusqu'au printemps. Ça peut sembler être un geste sain, mais en gardant la nature « dehors », on se prive en fait de beaucoup de ce qui nous garde en bonne santé. Notre peau et nos intestins sont faits pour être en contact avec ces bactéries, pas pour s'en passer pendant six mois.

Tu connais peut-être déjà notre nom : shinrin-yoku, un mot japonais qui signifie « bain de forêt ». Pas parce que ça sonnait bien sur une étiquette, mais parce que c'est la description la plus proche de ce que YOKUU fait : ramener ce contact avec la nature chez toi.

D'où vient le mot shinrin-yoku ?

Le ministère japonais de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche a inventé le terme en 1982, en réponse à l'urbanisation et à la montée des maladies liées au stress. Il s'agit de passer du temps immergé dans une atmosphère forestière, sans objectif précis. Les premières recherches japonaises de cette époque ont mesuré une baisse du cortisol, une baisse de la tension artérielle, une réduction de l'activité du système nerveux sympathique et une hausse de l'activité des cellules tueuses naturelles (NK) chez les personnes qui le pratiquaient.

L'hypothèse de la biodiversité

Des chercheurs finlandais se sont ensuite demandé pourquoi la nature a cet effet sur le corps, et pas seulement sur l'humeur.

L'allergologue Tari Haahtela apporte une réponse avec son hypothèse de la biodiversité : la peau et l'intestin humains sont conçus pour interagir avec un large éventail de bactéries environnementales. Ce contact réduit le risque de maladies à médiation immunitaire comme l'atopie, les allergies et l'asthme. Les maisons et les villes modernes n'offrent tout simplement plus cette diversité d'exposition.

Ce n'est pas juste une théorie. Elle découle de l'étude de Carélie, qui a comparé les taux d'allergies et d'asthme de part et d'autre de la frontière finno-russe, chez des populations au fond génétique proche mais à l'environnement très différent. Mêmes gènes, air différent, taux de maladies différents.

L'expérience des crèches

Le test le plus clair a eu lieu en 2020. Une équipe menée par Marja Roslund, de l'université d'Helsinki, voulait voir ce qui se passe quand on redonne sa biodiversité à un environnement urbain.

Les chercheurs ont remplacé le gravier de certaines cours de crèches finlandaises par un vrai sol forestier : de la végétation comme la callune naine et les myrtilles, ainsi que des bacs à plantations. D'autres crèches sont restées inchangées, à titre de comparaison. Les enfants des crèches réaménagées y ont joué cinq fois par semaine pendant 28 jours, et les chercheurs ont suivi leurs bactéries cutanées et intestinales avant et après.

Les résultats étaient clairs. Chez les enfants des crèches réaménagées, les communautés bactériennes de la peau sont devenues plus diverses, la diversité bactérienne intestinale a évolué favorablement, et les marqueurs de régulation immunitaire se sont améliorés. Les crèches qui ont gardé leur cour en gravier n'ont montré aucun changement comparable.

Le contact direct donne le même résultat

Une cour de crèche entière n'est en fait pas nécessaire. Une autre étude finlandaise a testé uniquement un contact direct et bref.

Dans une expérience, les participants ont eu un contact direct des mains avec du matériel naturel. Dans une autre, ils ont simplement porté des sachets en tissu contenant de la mousse de sphaigne. Les deux ont augmenté la diversité bactérienne de la peau après une seule exposition brève, sans intervention de plusieurs semaines.

Faire entrer la forêt à l'intérieur

L'étape la plus récente va encore plus loin. En 2025, des chercheurs ont créé un extrait microbien à partir de matériaux végétaux et de sol finlandais, contenant plus de 600 espèces bactériennes distinctes et leurs métabolites, conçu pour faire entrer la biodiversité naturelle à l'intérieur.

Ils l'ont testé sérieusement : un essai randomisé, en double aveugle, contrôlé contre placebo, mené auprès de 142 adultes atteints de dermatite atopique. Le groupe utilisant l'extrait microbien a eu besoin de moins de médicaments que le groupe placebo.

Pourquoi YOKUU existe

YOKUU repose sur le même principe que ces études mettent en évidence. Pas besoin de déménager en forêt pour en profiter un peu. Il suffit d'arrêter de laisser ta maison microbiellement vide derrière cette fenêtre fermée. C'est à ça que servent 1 milliard de petits aides-ménage.

Fais entrer l'extérieur chez toi.


En bref

Que signifie shinrin-yoku ?
C'est le mot japonais pour « bain de forêt », un terme inventé en 1982 par le ministère japonais de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche pour décrire le fait de passer du temps immergé dans une atmosphère forestière.

Le bain de forêt a-t-il une vraie base scientifique ?
Oui. Les premières recherches japonaises ont mesuré une baisse du cortisol et de la tension artérielle. Depuis, les recherches finlandaises ont retracé l'effet jusqu'à la diversité du microbiote cutané et intestinal.

Qu'est-ce que l'hypothèse de la biodiversité ?
L'idée, formulée par l'allergologue finlandaise Tari Haahtela, selon laquelle le contact avec des environnements naturels riches en microbes protège contre les maladies à médiation immunitaire, et que la vie moderne en intérieur supprime ce contact.

Peut-on obtenir les bienfaits du bain de forêt à l'intérieur ?
Un essai clinique de 2025 a montré qu'un extrait microbien fabriqué à partir de sol et de végétaux forestiers finlandais réduisait le besoin en médicaments chez des adultes souffrant d'eczéma, ce qui suggère que c'est l'exposition elle-même, pas seulement le fait d'être dehors, qui compte.

D'où vient le nom YOKUU ?
YOKUU tire son nom de shinrin-yoku, le rituel japonais du bain de forêt.


Sources : Roslund et al. (2020), Science Advances. Hui et al. (2019), étude sur le microbiote cutané. Haahtela, T., étude de Carélie sur les allergies et hypothèse de la biodiversité. Prépublication medRxiv 2025, essai sur l'extrait microbien chez des adultes atteints de dermatite atopique (n=142).

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